Julien Bonnat | Marchés publics » Contentieux » Articles
03 08 2012 | Référé précontractuel : une annulation proportionnée au manquementPublié dans Contentieux, Marchés publics, NewsDans un arrêt « Commune de Barbechat » du 23 juillet 2012 (n°359103), le Conseil d’Etat affine l’office du juge des référés précontractuel : le juge doit d’abord apprécier l’ampleur du manquement, pour ensuite déterminer l’étendue de l’annulation qu’il prononce. En l’espèce, la société retenue avait fait le choix de matériaux non prévus par les documents de la consultation. Le magistrat du Tribunal administratif n’avait pas fait dans le détail et avait annulé l’intégralité de la procédure (lots n°1 et 2). La Haute juridiction, se voulant plus pragmatique, annule en tant que l’ordonnance et retient uniquement l’annulation de la phase de sélection des offres pour le seul lot concerné. 04 06 2012 | Béziers II : le recours gracieux ne proroge pas le délai contentieuxPublié dans Contentieux, Marchés publics, NewsDans un arrêt du 30 mai 2012 « PRORESTO » (n°357151), le Conseil d’Etat déroge au principe selon lequel le recours administratif proroge le délai de recours contentieux. La demande du cocontractant de l’administration enregistrée plus de deux mois après la prise de connaissance de la résiliation est donc tardive. Poursuivant son œuvre de clarification de la jurisprudence Béziers II, la Haute juridiction confirme ainsi qu’une mesure de résiliation est une mesure d’exécution contractuelle et non une décision administrative au sens de l’article R. 421-1 du Code de justice administrative (CE, société PRATHOTELS, 11 avril 2012, req. n°355356, cf. news du 17/04/2012) 02 05 2012 | Référé-précontractuel : la notion de « candidat lésé » préciséePublié dans Contentieux, Marchés publics, NewsDans un arrêt du 11 avril 2012 « Syndicat Ody, 1218 Newline du Lloyd’s de Londres » (n°354652), le Conseil d’Etat précise que le candidat qui a présenté une candidature irrecevable ou une offre irrégulière n’est pas susceptible d’avoir été lésé par la sélection irrégulière d’une offre concurrente. Le candidat évincé n’aura un intérêt à agir que si son offre a été jugée régulière et ce, quelque soit son classement à l’issue du jugement des offres. La Haute juridiction affine ainsi la définition du « candidat lésé » qu’elle avait esquissé dans son arrêt « Département des Bouches du Rhône » du 27 octobre 2011 (req. n°350935). 12 04 2012 | Recours TROPIC : l’arrêt « SMIRGEOMES » ne s’applique pasPublié dans Contentieux, Marchés publics, NewsSur saisine du Tribunal administratif de Rennes, le Conseil d’Etat vient de rendre un avis précisant que la jurisprudence « SMIRGEOMES » ne s’applique pas au recours en contestation de la validation du contrat, dit recours TROPIC. Tous les moyens peuvent donc être soulevés à l’appui de ce recours sans qu’ils aient besoin d’avoir lésé le requérant. Le Conseil d’Etat vient également préciser la notion de « concurrent évincé », qualité nécessaire pour formuler un recours TROPIC. Dispose donc de cette qualité « tout requérant qui aurait eu intérêt à conclure le contrat, alors même qu’il n’aurait pas présenté sa candidature, qu’il n’aurait pas été admis à présenter une offre ou qu’il aurait présenté une offre inappropriée, irrégulière ou inacceptable« . CE, Avis, 11 avril 2012, société GOUELLE, n°35544608 02 2012 | MAPA : la négociation est une simple facultéPublié dans Contentieux, Marchés publics, NewsPar ordonnance du 7 février 2012, le Juge des référés précontractuels du TA de NANTES rappelle que si la possibilité de négocier est prévue dans le règlement de la consultation d’un MAPA, le pouvoir adjudicateur n’est toutefois pas tenu d’y recourir. Le Juge nantais confirme qu’en cas de négociation, celle-ci doit se faire dans le strict respect de légalité de traitement des candidats et peut porter sur n’importe quel élément de l’offre. Le juge des référés précise également que si le pouvoir adjudicateur doit prouver qu’il a bien adressé aux candidats un courriel aux fins de négociation, il n’a pas en revanche à prouver que ceux-ci l’ont bien reçu. TA de NANTES, Ord., 7 février 2012, Société LTI CE, arrêt, 30 novembre 2011, Ministre de la défense, req. n°353121 |